18/03/2008

CHERS COLIS

Et à propos des colis : retour vers le journal et la correspondance de R. Troye.

Extrait journal : jeudi 18 mars 1943

Chacun de nous a reçu aujourd’hui un colis anglais. Il y a là-dedans de quoi ébahir les pauvres que nous sommes devenus. Depuis le pudding jusqu’à la gelatine en passant par le jambon et la margarine, tout se trouve dans des boîtes de conserve. Et si j’en juge par le jambon bacon, quels délices ! Quand je pense que les prisonniers anglais reçoivent chaque semaine un de ces colis, heureux mortels ! Cela fait de la peine de les comparer à nos pauvres petits colis de la Croix-Rouge qui coûtent déjà tant de sacrifices à notre malheureux pays. Quant aux paquets de nos familles – les plus chers (dans les deux sens), j’éprouve toujours un serrement de cœur en consommant les victuailles qu’ils renferment. Ceux-là, nous ne saurons jamais ce que nos femmes, nos mères, nos sœurs ont souffert pour les confectionner. Ce ne sont pas les présents de la reconnaissance, de la compassion ou de l’intérêt, mais ceux de la tendresse.

carte colis

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