23.02.2008

CHER COURRIER...

Ma visite de l'expo "Guerre et Poste"...

Une phrase de Voltaire sur le panneau d'accueil : "La poste est la consolation de la vie, les absents deviennent par elle présents" (Questions sur l'Encyclopédie 1770). Le titre du panneau : "Vivre malgré tout".

Je frissonne d'émotion...  Que c'est bien dit ! En captivité, le courrier (rationné et censuré) fut avant tout un lien avec les proches qui permit (avec les colis) aux P.G. de survivre moralement (et physiquement)    

"1870" que je ne connais pas du tout m'intéresse ! Mais étant entre deux trains et voulant aller à Montmartre voir Varian Fry, je n'ai pas le temps  de m'attarder. Je survole.

La correspondance des soldats "14-18" est magnifiquement représentée... C'est qu'il a de l'importance le courrier ! Entre deux assauts, les Poilus écrivaient à n'en plus finir... à leur femme, leur fiancée, leur mère, leurs marraines de guerre (n'est-ce pas Mistinguet). "Avis relatif à la correspondance avec les prisonniers de guerre au sujet de la discrétion à observer dans les lettres qu'on leur envoie", "correspondance sur écorce d'arbre", de nombreuses photos de distribution de courrier dans les tranchées, nous indiquent que le courrier fut un monde à lui tout seul et méritait bien une expo.

Et puis voilà "40-45"... et dans la dernière salle, wouah, cet immense dessin-bd noir et blanc de Tardi d'un train à bestiaux 1940 fonçant vers une destination inconnue. Saisissant ! Le titre du dessin : "Prisonniers et déportés". Pour les uns la destination sera triste, triste, triste (5 ans derrière les barbelés, 5 ans d'angoisse dans l'ombre des miradors), mais pour les autres la destination sera "l'indicible" (et ne durera pas 5 ans - des millions de vie ont été -sans appel- impitoyablement et rapidement broyées). Des lettres s'envolent du wagon... ("Les lettres jetées des wagons sont comme d'ultimes adieux" dit le panneau à côté).

Une vitrine, toujours le même titre "prisonniers et déportés" montre des souvenirs d'un P.G  français...  sa correspondance, exactement les mêmes lettres formatées (et cartes) que celles des Belges... La même petite carte cynique "Je suis en bonne santé. Mon adresse est...".

De l'autre côté de la vitrine, un sordide pyjama rayé blanc et bleu, une lettre envoyée d'un camp de concentration... le timbre représente l'horrible petit homme à la mèche pendant sur le front...

illustration(s) : Il n'y en a pas. J'ai écrit au musée pour obtenir l'autorisation de reproduire certaines des photos prises lors de ma visite. Pas reçu de réponse à ce jour. 

Alors je ressors des archives le tout premier courrier daté du 29 mai 1940. Et ayant travaillé ces derniers jours sur un écran Xl, j'y distingue ces mots tracés au crayon "Lucien en vie".  

Quant à la correspondance 14-18 : petit tour sur  "Mes Chemins de Mémoires".  L'auteure du blog vient de mettre en ligne le courrier d'un soldat français.  

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