25.10.2006

 LA CHAMBRE A FISCHBECK (extrait journal) 2

15 novembre 1942 :

 

"Le lit c'est le refuge du prisonnier. Il lui sert de bibliothèque, de fumoir, de boudoir, de dortoir, de calorifère.

 

C'est là également qu'il fait l'élevage de puces (..). Il a beau secoué ses couvertures matin et soir, il ne lui sert à rien de faire la chasse, toujours les puces réapparaissent après des éclipses qui vont jusqu'à quinze jours (...)

 

Là, nous pouvons rêver à l'aise, les yeux fermés. Nous sommes seuls malgré le brouhaha de la chambre.

On croit que nous dormons, mais nous veillons, nous veillons même plus que jamais : nous nous évadons loin de notre misère et partons vivre au sein de nos familles.

 

Ce sont les seuls moments de la journée où nous vivons vraiment. Le reste du temps, nous ne sommes que des corps sans âme".

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